Nouveaux moyens pour lutter contre les clandestins à Mayotte

MAMOUDZOU, 16 mai 2008 (AFP) - 16/05/2008 18h31

De nouveaux moyens pour lutter contre les clandestins à Mayotte ont été présentés vendredi au secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jego, et à Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie, en tournée cette semaine à Mayotte et aux Comores.

Les responsables des services impliqués dans la lutte contre l'immigration clandestine à Mayotte, en provenance principalement des Comores, ont confirmé la rotation à partir de la fin mai de deux bateaux pour la reconduite des clandestins.

Chacun de ces bateaux aura une capacité de 100 places. La faible capacité des avions de Comores aviation ne répond en effet pas aux objectifs de la PAF.

Un troisième radar sera mis à la disposition de la collectivité départementale fin juin ou début juillet, pour détecter et repérer les embarcations de clandestins, qui viennent pour la plupart d'Anjouan (Comores), ont précisé les responsables.

Avec ce troisième radar, la surveillance du territoire devrait être assurée à 100%, selon les autorités administratives.

Par ailleurs, Mayotte sera doté d'un hélicoptère en 2009 pour la surveillance de ses frontières, une dotation qui s'inscrit dans le cadre de la loi pour la sécurité intérieure.
# Posté le vendredi 16 mai 2008 15:35

Paris veut rendre plus visible sa coopération avec les Comores

APA-Moroni (Comores) La France va désormais veiller à ce que le refoulement des Comoriens « en situation irrégulière » à Mayotte se fasse dans des conditions plus dignes, a déclaré vendredi, à Moroni, le secrétaire d'Etat français à l'Outre-mer, Yves Jego, à l'issue d'une réunion de travail au ministère comorien des Relations extérieures.

Il a en outre appelé les Comoriens désirant se rendre en France à suivre le circuit normal de demande de visa.

Les parties française et comorienne ont également procédé à l'installation officielle du Groupe de travail de haut niveau (GTHN) chargé de poursuivre les négociations sur les questions politiques, notamment le problème de Mayotte.

Selon M. Djounaid Mohamed Soilih, qui a participé à la réunion de ce matin, une première réunion du GTHN est prévue le 4 juin à Paris.

Le ministre français a, en outre, déclaré que la France va dorénavant accorder plus de visibilité à sa coopération aux Comores.

Il a annoncé à ce propos la construction d'une maternité à Anjouan pour fixer les femmes de cette île dont la plupart, pour s'assurer d'un accouchement plus sûr, risquent leur vie en se rendant à Mayotte à bord d'embarcations de fortune. L'agriculture est aussi un secteur sur lequel la France souhaite davantage intervenir.

Selon des sources diplomatiques, Paris envisage aussi la mise en place d'un projet d'envergure de conservation et de transformation de poissons aux Comores.

M. Mohamed Soilih a indiqué que les deux parties ont convenu de la visite prochaine à Moroni du président Nicolas Sarkozy, probablement en début 2009.
# Posté le vendredi 16 mai 2008 13:21

COMORES: La France "veut tourner la page de la Logique d`affrontement" avec Moroni

MORONI, 16/05 - La France "veut tourner la page de la logique d`affrontement" avec l`archipel des Comores, notamment sur la question de l`immigration clandestine vers l`île française de Mayotte, a déclaré vendredi à Moroni le secrétaire d`Etat français à l`Outre-mer, Yves Jégo.

"On veut vraiment tourner la page de la logique d`affrontement. On veut s`engager dans une relation qui prenne en compte les attentes de l`Union des Comores", a-t-il déclaré lors d`une conférence de presse commune avec le ministre comorien aux Relations extérieures, Said Ahmed Djaffar.

M. Jégo a mis également en avant le "besoin de maîtriser les flux migratoire à Mayotte". Le secrétaire d`Etat a comparé les îles de l`archipel de Comores à "quatre soeurs": l`Union des Comores (trois îles: Grande Comore, Mohéli, Anjouan) et Mayotte. "Elles n`ont pas épousé les mêmes maris", mais elles restent des soeurs compte tenu de "la réalité géographique".

De son côté, le chef de la diplomatie comorienne a indiqué que le président français Nicolas Sarkozy se rendrait en visite officielle en 2009 aux Comores.

Au début de l`année 2009, le président Nicolas Sarkozy se rendra en visite aux Comores. D`ici là, il n`est pas exclu que le président (comorien Ahmed Abdallah Sambi) se rende à Paris et y rencontre le président Sarkozy", a-t-il déclaré.

Ancienne colonie française, les Comores ont plusieurs contentieux avec Paris, notamment sur Mayotte - île de l`archipel demeurée française par référendum et revendiquée par Moroni - et plus récemment à propos du sort de l`ancien président de l`île d`Anjouan, Mohamed Bacar.
# Posté le vendredi 16 mai 2008 13:01

Paris et Moroni vers un accord sur le sort du colonel Bacar

En arrivant à Moroni, jeudi 15 mai, le secrétaire d'Etat français à la coopération, Alain Joyandet, et son homologue chargé de l'outre-mer, Yves Jégo, savaient que l'étape comorienne de leurs tournées respectives en Afrique orientale et dans l'océan Indien serait délicate.

L'accueil menaçait même d'être glacial, l'Assemblée de l'Union des Comores ayant déclaré la veille que la visite de la délégation française n'était "pas opportune, surtout parce qu'elle comprend le ministre des colonies". Une forme de rappel que le passé entre les deux pays, au cours des trois dernières décennies, a été marqué par des incompréhensions, des manipulations, et un contentieux grave, celui de Mayotte.

L'archipel, en accédant à l'indépendance en 1975, avait été contraint d'abandonner l'une de ses quatre îles, Mayotte, qui venait de se prononcer par référendum pour rester française. Depuis, la question de la collectivité territoriale française n'a jamais cessé d'habiter les consciences comoriennes et d'empoisonner les relations entre les deux capitales, surtout depuis l'élection du président Ahmed Abdallah Sambi.

C'est pourtant sur une promesse de réconciliation que s'est conclue la visite française. Et ce sous la forme d'un feu vert donné à la création d'une structure conjointe chargée de relancer la coopération (auquel un total de 88 millions d'euros attendent d'être consacrés), mais aussi par la volonté de transformer les relations entre l'archipel et Mayotte, en instaurant une circulation des biens et des personnes qui pourrait s'accompagner de la formation d'une zone de libre-échange. Dans un délai d'un an, ce groupe de travail de haut niveau pourrait même réfléchir à des solutions institutionnelles de rapprochement entre l'archipel et Mayotte.

Le principe en avait été retenu, en septembre 2007, par Nicolas Sarkozy et Ahmed Abdallah Sambi, en visite à Paris. Mais dans l'intervalle, les relations franco-comoriennes ont atteint une franche inimitié après l'épisode de l'opération militaire "Démocratie aux Comores", destinée à chasser du pouvoir Mohamed Bacar, l'homme fort de l'île d'Anjouan, en rupture de ban. Le débarquement des forces loyalistes soutenues par la France et des troupes de l'Union africaine s'était conclu par une crise ouverte avec Paris lorsque le colonel rebelle, avec vingt-deux de ses proches, s'était réfugié à Mayotte, à soixante-dix kilomètres d'Anjouan.


DEMANDE D'ASILE REJETÉE


Des émeutes avaient éclaté au sein de la population d'origine anjouanaise, convaincue que Paris avait "exfiltré" le colonel déchu, tandis que Moroni accusait la France de vouloir héberger Mohamed Bacar en assurant son impunité alors que celui-ci est accusé de violences et de détournement de fonds.

Ce contentieux pourrait rapidement être effacé. La demande d'asile du colonel a été rejetée, le 6 mai, par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), en même temps que celles de la majeure partie de sa garde personnelle.

Que faire à présent de l'ex-homme fort d'Anjouan ? Alors que la justice française doit se prononcer, vers le 19 mai, sur une demande d'extradition formulée par Moroni, une solution a été imaginée qui pourrait convenir aux deux capitales. Un pays tiers, vraisemblablement en Afrique de l'Ouest, pourrait accueillir Mohamed Bacar, et le juger, condition à laquelle le président Sambi est attaché.

"Le sort de Bacar ne doit pas altérer les relations entre la France et les Comores", tranche un responsable français, qui pense qu'il faut "mettre fin au contentieux avec les Comores", comme Paris s'efforce de le faire au Rwanda, en Côte d'Ivoire ou en Angola. Et de préciser : "L'Afrique est en plein décollage économique. Ce n'est pas le moment de nous en aller."

Jean-Philippe Rémy

Lemonde
# Posté le vendredi 16 mai 2008 12:59

Comores: des députés manifestent contre la venue d'une délégation française

MORONI, 15 mai 2008 (AFP) - Une trentaine de députés comoriens ont manifesté jeudi à Moroni pour protester contre la venue des secrétaires d'Etat français à l'Outre-mer et à la Coopération prévue dans la journée dans l'archipel, a constaté un journaliste de l'AFP.

Partis du siège du Parlement de l'Union des Comores, les députés, dont le président de l'Assemblée de l'Union Said Dhoifir Bounou, ont défilé dans les rues de la capitale comorienne jusqu'à la place de l'Indépendance. "Non à la visite du ministre français des Colonies" et "Non à l'occupation illégale de l'île comorienne de Mayotte", pouvait-on notamment lire sur les banderoles. Dans un communiqué publié mercredi, le Parlement de l'Union des Comores avait jugé "inopportune" la visite des secrétaires d'Etat français à la Coopération et à la Francophonie Alain Joyandet et celui à l'Outre-mer Alain Jégo. Ancienne colonie française, l'archipel des Comores entretient plusieurs contentieux avec Paris, notamment sur Mayotte - île de l'archipel demeurée française par référendum et revendiquée par Moroni - et plus récemment à propos du sort de l'ex-président de l'île d'Anjouan, Mohamed Bacar. La France a rejeté jeudi une demande d'asile de M. Bacar, mais a aussi refusé de le renvoyer aux Comores en raison de risques de persécution. Mayotte avait décidé de rester française alors que le reste des Comores devenait indépendant en 1975. Elle est devenue une sorte d'Eldorado dans la région attirant les clandestins, dont de nombreux Comoriens. "Le sens de cette manifestation est de montrer à la France et à la communauté internationale que quel que soit le temps passé, l'île de Mayotte est une île comorienne et elle le restera à jamais", a déclaré à l'AFP le député Moumini Abdou. "Nous sommes ici pour l'amour que nous éprouvons pour notre pays", a-t-il poursuivi. MM. Joyandet et Jégo doivent tenir à Moroni la première réunion du Groupe de travail à haut niveau (GTHN) entre la France et les Comores, qui doit notamment examiner les questions liées à la circulation des personnes, en particulier entre Mayotte et les autres îles de l'archipel.
# Posté le jeudi 15 mai 2008 08:05

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