Comores: début de la campagne pour le second tour de la présidentielle à Anjouan

MORONI (AFP) — La campagne électorale du deuxième tour de l'élection du président de l'île comorienne d'Anjouan a débuté samedi pour choisir le successeur du colonel Mohamed Bacar, renversé militairement en mars, a indiqué la Commission électorale indépendante nationale (CENI).

Mohamed Djaanfari, arrivé en tête au premier tour le 15 juin avec 44,18% des suffrages est opposé à Moussa Toybou (40,12% des voix) lors du second tour, prévu le 29 juin.

Le premier tour a été marqué par un faible taux de participation (42,79%).

M. Djaanfari, député de Sima à l'Assemblée de l'Union des Comores, est un homme d'affaires spécialisé dans le transport maritime et farouche opposant à l'ex-homme fort de l'île, Mohamed Bacar. Il avait été battu par Ahmed Abdallah Sambi lors de l'élection du président fédéral de l'Union des Comores de 2006.

Moussa Toybou est de son côté ingénieur des travaux publics, formé en Algérie, peu connu sur la scène politique malgré un bref un passage au gouvernement en tant que ministre sous le régime de l'ancien président Said Mohamed Djohar. Il bénéficie du soutien du président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi.

Cette élection est censée sortir de la crise la plus pauvre et la plus peuplée des trois îles de l'Union des Comores, dirigée d'une main de fer pendant sept ans par le colonel Bacar.
# Posté le samedi 21 juin 2008 11:09

COMMUNIQUE DE MOHAMED DJAANFARI

Chers électeurs et électrices,

Les résultats officiels des élections présidentielles de l'île d'Anjouan viennent de tomber.
- 44,18% pour Mohamed Djaanfari (21 029 voix)
- 40,12% pour Moussa Toybou (19 096 voix)

Ces résultats revêtent, pour moi, deux significations :
1- D'une part, ils ont montré que les résultats du scrutin seront ceux issus des urnes. Malgré les sommes d'argent déversées par les responsables du pouvoir central et leur alliés, malgré la corruption développée, la mobilisation des moyens de l'Etat au service d'un seul candidat, malgré enfin la volonté affichée du ministre en charge des élections Mmadi Ali de faire gagner Moussa Toybou en proclamant des résultats en sa faveur, le candidat du pouvoir a été devancé de plus de 1 900 voix.

Vous avez ainsi montré par votre suffrage, que vous avez atteint une maturité politique sans faille et que vous n'avez pas accepté d'être tenus par la main lorsque vous preniez votre décision dans l'isoloir.

2- D'autre part, ces résultats signifient que vous n'êtes pas satisfaits de la façon dont vos problèmes quotidiens sont traités. Les responsables qui entourent le Président de l'Union se sont avéré incapables de résoudre ces problèmes : les pénuries s'installent, les arriérés des salaires s'accumulent, les projets et promesses restent des beaux discours... et ils ne lui disent pas toute la vérité.

Chers électeurs et électrices,

A l'issue du scrutin du 1er tour, vous avez fait la moitié du chemin, celle qui reste à parcourir s'avère semée d'embûches.

- les intimidations vont s'accentuer ;
- la corruption se généralisera ;
- les magouilles se multiplieront ;
- les contre - vérités seront déversées sur ma promesse et sur mon parcours politique.

C'est pourquoi je vous lance cet appel solennel: ne tombez pas dans la provocation, gardez votre sang froid et votre message politique sera entendu.

Pour ma part, je vous remercie une fois de plus de la confiance que vous m'avez témoignée.
Je remercie aussi les candidats du 1er tour qui ont décidé de m'apporter leur soutien. Je m'engage à tenir compte de leur programme et à les associer le cas échéant, à la gestion de l'île.

Chers électeurs et électrices,

Le 29 juin prochain, vous avez rendez-vous avec l'histoire. Je suis convaincu que vous ne raterez pas cette échéance afin que triomphent les objectifs pour lesquels vous vous êtes tant sacrifiés.

Mutsamudu, le 19 juin 2008

Mohamed Djaanfari
# Posté le vendredi 20 juin 2008 13:08

TRIBUNE LIBRE: Moussa Toybou, handicap nommé Sambi

A chaque fois que j'essaie de livrer mon point de vue et de permettre à ce que le débat continue dans un sens objectif, je suis séverement critiqué et accusé de ne pas '' aimer'' Sambi comme s'il a besoin d'être aimé. C'est le cas par exemple de Mohamed Boina, qui, dans son commentaire, '' lettre à Djamal'' n'a pas été tendre et m'accuse de '' haineux' et d'insolent'' parce que j'ose mettre la main dans la vérité. Je sais que de nature la vérité dérange et surtout chez nous, et je n'en veux pas à mon frère Boina qui, dans son '' réquisitoire'' dit ouvertement que '' mon style gramatical m'a trahi'' alors que tout ce que j'ai dit s'avère vrai notamment la rupture volontaire du contrat avec Total au profit de la République d'Iran, la '' vente'' de Mayotte dont je ne suis pas le seul à dénoncer le Groupe de Travail de Honte Niveaeau. Notre cher ami s'en prend à moi car j'ai comparé Sambi à un prophète, alors que c'est lui même qui le repète dans ses discours que Dieu l'a envoyé pour sauver les comoriens après tant d'années de misère, et pire encore, on m'accuse de lui donner l'étiquette d'Imam alors que c'est lui aussi qui le dit. Il a tendance à dire, je cite'' Tsinde oustadh hawu imam Sambi nde alaguwawo pvanu be nde Rais wa dawula''. Donc, cher ami un peu d'humilité. Très honnêtement, je veux bien être du même avis que vous mais j'ai envie de me rouler par terre ( de rire) en lisant vos arguments. Excusez moi mais vous devriez cher frère creuser un peu plus votre raisonnement profond. Il ne faut pas se tromper de cible et ne vous croyez obligé de me lire avec tout le respect que je vous dois. J'avoue ici que je ne me découragerai plus et encore une fois, nous remercions comorobeach et nos amis des autres sites pour leur travail remarquable.

En effet les résultats du premier tour viennent d'être publiés par la Cour constitutionnelle et placent en tête Mohamed Djaanfari avec plus de 44% drrière Moussa Toybou avec un peu plus de 40%. Pourtant le ministre chargé des élections Madi Ali avait placé leur poulain Moussa Toybou en première position. Une douche froide pour le ministre et ses amis qui ont fait le déplacement à Anjouan avec une logistique de haut niveau pour faire passer leur candidat.

Sachez qu'en l'état actuel des choses ce ne sont ni les origines, ni les capacités à pouvoir gouverner qui handicapent l'élection de Moussa Toybou contre le vice-président de l'Assemblée de l'Union, Mohamed Djaanfar mais plutôt son mentor nommé Sambi.

Le candidat de la Mouvance présidentielle apparît aux yeux des anjouanais comme le double, le clone de Sambi, son ami. L'hômme de la continuté de la politique orchestrée par Sambi. Dans ses discours de campagne, le candidat du pouvoir s'approprie le bilan des deux ans du pouvoir Sambi, consideré chez la majorité des anjouanais comme un échec. Certains dans l'entourage de Moussa Toybou, lui reprochent cette version au moment où dans l'ensemble de l'Archipel rien n'y va. Les gens meurent de faim, il manque de l'électricité, des proches de Bacar des grandes villes en liberté, Bacar lui même en retraite apaisée sous le soleil réunionais, sept mois d'arrierés de salaires chez les fonctionnaires et on continue à dire que tout va bien.
La majorité des anjouanais ont boudé les urnes, ce qui sucite de nombreuses interrogations chez les comoriens des autres Îles. Il est clair qu'ils sont mécontents contre Sambi mais ce qu'on se demande comment ce peuple qui a longuement souffert avec '' la dictature et les tortures'' du colonel '' dictateur'' se sont abstenus de ne pas afficher leur joie après la chute de ce dernier? Une question que le pouvoir refuse de répondre et continue à déclarer que le séparatisme est enterré. Personnelement, je veux bien y croire mais l'attitude de ces anjouanais face à cette échéance capitale pour leur avenir me plonge dans un doute profond et celan'engage que moi. La libération de Caabi, Surette et le frère du conseiller privé de Sambi alors qu'ils forment le noyau dûr de Bacar plonge tout le monde dans le doute sur le phénomène séparatiste. Ce n'est pas que je suis pessimiste mais ces personnes qui ont trouvé la liberté à la veille de cette élection ne sont pas les moindres. Il s'agit d'un ancien vice-président, premier ministre et plusieurs fois ministres, d'un ancien président de la Cour constitutionnelle, tous convertis en séparatistes. Donc, permettez moi de dire que le doute est permis.
Les anjouanais n'ont pas également digeré le départ de Sambi en Iran à la veille de cette élection. Lui, qui a toujours repeté que le colonel Bacar lui a empêché d'aller voter chez lui. Aujourd'hui qu il étst libre, a fait son apparition à Anjouan le jour des obsèques du Regretté Ali Bourhane ( que son âme repose en paix), accompagné de sa garde rapprochée comme par exemple le Directeur de Comores Telecom, Charkane, le Directeur de la sûreté Nationale Abou Achraf et des personnes comme Mahamoud Soidik, Bahassane de la présidence, Ahmed Barwane, les poches pleines pour faire passer le candidat Moussa Toybou. Mais les anjouanais qui se sont déplacés aux urnes ont décidé autrement et le combat du deuxième tour s'annonce difficile pour l'ami du président. Si à Ngazidja, le pouvoir a réussi à faire passer le candidat Abdouloihab avec des magouilles bien organisées, ce n'est pas le cas à Anjouan car les dispositions sont prises pour mettre la main sur '' un vol organisé''.

Ici à Moroni après la publication desrésultats officiels par la Cour constitutionnelle, l'on continue à se demander sur la déclaration d'un Madeira qui s'est laissé rouler dans les mensonges du ministre Madi Ali. Les résultats du ministre avec Madeira totalisent 100,10 % comme l'a mentionné Kailane sur le site ianjouan. La volonté affichée du ministre et de ses amis de la Communauté internationale de faire gagner Moussa Toybou, a fait que tout le monde est trompé sur un simple calcul arithmétique.

Une des leçons qu'on a pu tirer de cette élection c'est le silence des anjouanais face à cette élection et l'on se demande sur ce que nous reserve l'avenir. A chacun son point de vue.

Djamal
# Posté le jeudi 19 juin 2008 10:25

Comores: La Cour constitutionnelle classe Djaanfari en tête avec 44,18%

Comores: La Cour constitutionnelle classe Djaanfari en tête avec 44,18%
Politique - Mohamed Djaanfari a devancé Moussa Toybou, à l'issue du premier tour de l'élection du président de l'île d'Anjouan, selon les résultats définitifs rendus mercredi par la Cour constitutionnelle de l'Union des Comores à Moroni.

M. Djaanfari a obtenu 44,18% (21.029 voix), tandis que M. Toybou a bénéficié de 40,12% (19.096 voix) du suffrage, a indiqué Mouzaoir Abdallah, président de la Cour constitutionnelle, qui était entouré des autres membres de l'institution au cours d'une audience publique à Moroni.

Le taux de participation est de 42,79%.

Ces résultats diffèrent de ceux qui sont provisoirement rendus publics, lundi, par le ministre chargé des Elections, Mmadi Ali, qui plaçaient Moussa Toybou en tête.

Pour rappel, M. Toybou, un ingénieur de Génie civil et ancien ministre du régime du président Said Mohamed Djohar, dans les années 90, est soutenu par le président de l'Union des Comores contre le député Mohamed Djaanfari, entrepreneur dans le secteur du transport maritime inter-îles et candidat malheureux aux élections présidentielles de l'Union en 2006.

Les autres candidats se partagent le reste des voix, à savoir Soundi Abdoulatuf (5,6%), Bastoine Soulaimana (4,89%) et Bacar Abdou (4,85%).

Mohamed Djaanfari et Moussa Toybou vont se présenter à un deuxième tour fixé au 29 juin.

Moroni - 18/06/2008

Pana
# Posté le jeudi 19 juin 2008 02:32

Présidentielle à Anjouan: Jean Ping satisfait du déroulement

Politique - Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, s'est dit satisfait du déroulement du premier tour de l'élection présidentielle dans l'île autonome d'Anjouan, insistant sur le renforcement des conditions de sécurité tout au long du processus électoral.

Notant que le processus, lancé le 15 juin 2008, a été marqué par le calme et la discipline, M. Ping a également félicité le peuple anjouanais pour “la maturité dont il a fait montre pendant toute la période de la campagne électorale”.

Dans un communiqué rendu public mercredi, à Addis-Abeba, le chef de l'organe exécutif de l'UA salue aussi l'Armée nationale des Comores, soutenue par la Mission de l'Union africaine d'assistance électorale et sécuritaire aux Comores (MAES), pour avoir su assurer la sécurité au cours du processus électoral.

Parallèlement, M. Ping a rendu hommage aux partenaires bilatéraux et multilatéraux pour leur soutien financier aux autorités comoriennes dans l'organisation du premier tour du scrutin, les appelant aussi à maintenir leur assistance jusqu'à la finalisation "harmonieuse" du processus.

Pour sa part, il a déclaré que l'UA soutiendra le processus conformément aux décisions pertinentes de son Conseil de paix et de sécurité et coopérera étroitement avec la communauté internationale pour consolider les progrès réalisés.

Addis-Abeba - 18/06/2008

Pana
# Posté le mercredi 18 juin 2008 08:56