MUTSAMUDU (Comores) - Mohamed Djaanfari et Moussa Toybou sont arrivés en tête du premier tour de l'élection présidentielle de l'île comorienne d'Anjouan dimanche et s'affronteront le 29 juin lors d'un second tour, a-t-on appris lundi de source officielle.
Selon des résultats proclamés lors d'une conférence de presse par le ministre en charge des Elections Mmadi Ali, M. Toybou obtient 42.5% des voix et devance d'une courte tête M. Djaanfari et ses 42,3%. L'écart entre les deux candidats n'est que de 88 voix.
Les trois autres candidats oscillent entre 5,8% et 4,6% à l'issue du premier tour de scrutin marqué par un faible taux de participation (42,8%).
M. Djaanfari est un homme d'affaires spécialisé dans le transport maritime et farouche opposant à l'ex-homme fort de l'île Mohamed Bacar. Moussa Toybou est de son côté ingénieur des travaux publics, peu connu sur la scène politique mais qui bénéficie du soutien du président de l'Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi.
"Le scrutin du 15 juin 2008 a été régulier, libre, équitable et transparent" a déclaré à la presse le Sénégalais Ahmadou Niadiar Sène, qui dirige la mission internationale d'observation comprenant l'Union Africaine, la commission de l'Océan indien, la Ligue arabe et l'Organisation internationale de la francophonie ainsi que le chargé d'affaires des Etats-Unis, Georges Sibley.
Dans sa déclaration finale, la mission énumère toutefois "quelques imperfections", notamment le retard dans l'acheminement du matériel, "la mauvaise qualité des urnes et isoloirs", "le manque de certains matériels dans quelques bureaux de vote" et "l'emplacement inadéquat de certains isoloirs".
L'émissaire de l'Union africaine pour les Comores, Francisco Madeira, a estimé que cette élection avait été "exemplaire".
Cette élection est censée sortir de la crise la plus pauvre et la plus peuplée des trois îles de l'archipel des Comores, dirigée d'une main de fer pendant sept ans par le colonel Mohamed Bacar, qui a été renversé militairement en mars.
Ce scrutin est également un test pour faire rentrer définitivement Anjouan dans le giron des institutions de l'Union des Comores.
En 1997, Anjouan avait en effet fait sécession. Le colonel Bacar avait ensuite pris le pouvoir par un coup d'Etat en septembre 2001, puis avait été élu président en 2002. En décembre 2001, les trois îles (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli) avaient voté la création de l'Union des Comores, qu'Anjouan avait réintégré.
Mais en juin 2007, la réélection de M. Bacar avait été jugée illégale par l'Union et l'UA, conduisant à son renversement par une opération de l'armée comorienne soutenue par des troupes mandatées par l'UA. Il est actuellement assigné à résidence dans une base militaire de l'île française de la Réunion.
AFP